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Dans la peau de… Erika Bataille, officiante de cérémonie

Par Lepetitjournal Nouvelle-Calédonie | Publié le 10/09/2017 à 17:31 | Mis à jour le 10/09/2017 à 09:53 lepetitjournal.com vous présente chaque mois une personne dont l'enthousiasme et l'activité ont mis la puce à l'oreille de l'édition calédonienne. Première rencontre de cette nouvelle rubrique : Erika Bataille, officiante de cérémonie. Pour peu que nous soyons ouverts à ses innombrables propositions et que le moment soit venu, la vie offre à chacun(e) de sacrées voies de reconversion professionnelle?Après avoir oeuvré et parfois bataillé dans le monde de l'éducation spécialisée, Erika, installée en Nouvelle-Calédonie depuis 1996, a croisé sa nouvelle vocation lors d'un séjour en Métropole, dans la région de Marseille.Elle doit une fière chandelle à son amie « Chantoux ». Le courant est passé et la lumière fut ! « Elle m'a suggéré de découvrir son activité d'officiante de cérémonie, j'ai été littéralement enchantée. C'était comme une évidence. Et elle m'a formée ! », raconte Erika, dont les yeux pétillent de joie au sujet de sa nouvelle voie. Et oui, quand on est mûr pour apprendre un nouveau métier, le bon professeur arrive ! Le mariage autrement Mariages interconfessionnels, mariages pour tous, remariages, Pacte civil de solidarité (Pacs), il y a désormais plus d'une façon de s'unir à l'être cher. Cela ne signifie pas pour autant que l'officialisation d'une union ait perdu son âme.Dans la plupart des cas, c'est même le contraire.Le dépoussiérage des traditions a justement fait émerger une nouvelle génération de mariages, tout aussi laïcs que solennels et magiques.Si les futurs mariés craignent qu'à la mairie, « ça manque cruellement d'émotion et de fantaisie », comme le précise Erika sur son site (https://www.erika-bataille.com) et/ou que les portes de l'église ou du temple soient closes (remariage, confessions différentes, etc), en marge de l'hôtel de ville, une autre cérémonie peut redonner toute son importance et son lot d'émotion au jour J. L'Amour surfe depuis quelque temps sur la grande et belle vague des cérémonies laïques.Une cérémonie unique C'est la nouvelle spécialité d'Erika, à qui ce rôle va comme un gant. Première étape : elle rencontre les futurs mariés ou futurs pacsés pour faire leur connaissance et prendre soin de leurs désirs, de leurs besoins et se familiariser au contexte de leur projet. Souvent, il y a plusieurs entretiens, dont certains, si besoin, par Skype.« Les personnes s'apprêtent à vivre un moment marquant de leur existence, à qui nous allons donner de la valeur, c'est très important d'être entièrement à leur écoute, commente Erika.« Certaines personnes ont déjà une idée précise du déroulé de leur cérémonie. Ils ont déjà rédigé la partition, en quelque sorte, et font appel à moi comme chef d'orchestre, précise l'officiante.« D'autres ont besoin d'être davantage accompagnés, guidés. Je leur suggère des rituels, un plan de cérémonie et des attentions en fonction des entretiens que nous avons eus et de leur histoire personnelle. Quelle belle aventure que la mise au point de cette célébration personnalisée ! »Tout est possible : composition d'une chanson, rituels déjà existants ou à inventer, discours personnalisés, participation de musiciens, traduction en langue étrangère, en langues des signes? Autant de moyens de donner ou de redonner de la valeur à un mariage, un anniversaire de noce, un renouvellement de voeux, un baptême, etc.

La force des rituels Pas de vin de messe ? Qu'à cela ne tienne, les mariés choisissent ensemble une bonne bouteille de vin et une boîte en bois. Chacun de son côté prend le temps d'écrire ses sentiments l'un pour l'autre dans une lettre destinée à être lue plus tard. Au cours de la cérémonie, chacun met sa lettre dans la boîte, le célébrant la scelle avec un noeud. Elle sera ouverte à la date choisie par les mariés. S'ils traversent des épreuves avant cette date, ils l'ouvriront et liront leurs engagements en buvant un verre de vin.Une tradition hawaïenne consiste à mélanger deux sables de couleurs différentes dans un même récipient. Les enfants peuvent se joindre à ce rituel, qui prend alors tout son sens dans le cas de familles recomposées. Planter un arbre ensemble est aussi un rituel apprécié. Le chêne pour la force, l'olivier pour la longévité, l'érable pour le romantisme?Le planter ensemble, c'est, dit-on, faire grandir la vie, l'amour, prendre racine et rendre son couple solide. Il est possible de demander aux deux pères de famille de planter ensemble cet arbre pour symboliser l'union de leurs deux familles.La mariée préfère les fleurs ? Chacun offre une rose à l'autre. Les roses seront placées dans un vase chez les mariés. A chaque anniversaire de mariage, ils placeront une rose dans le vase du souvenir. Si les mariés passent un moment difficile, ils peuvent placer une rose en signe de besoin de se rapprocher de l'autre.Les possibilités de rituels sont infinis, adaptables à chaque histoire particulière et auront de toutes façons un impact significatif car c'est le fait de les vivre en conscience et d'inclure dans la bienveillance toutes les personnes concernées qui vont les rendre forts et inoubliables.Erika, elle, a trouvé sa partition. Elle s'épanouit sans sa nouvelle mission et c'est une chouette nouvelle pour tous les futurs mariés de ce Pays : ils peuvent désormais faire appel à une bonne fée pour leur cérémonie laïque !

 

Article paru dans le magazine en ligne Mademoiselle L de février 2018

 

Je suis officiante de cérémonie laïque

 

Créé le jeudi 22 février 2018 08:50

 


« Dîtes-moi comment vous vous aimez, je vous dirai comment je vous unirai ! ». C’est un peu l’approche d’Erika, officiante de cérémonie laïque. Quoi ?! Cérémonie laïque ? Vous n’en avez jamais entendu parlé ?

Qu’est-ce qu’une cérémonie laïque ?

C’est exactement l’idée même de l’union telle que je l’imagine : une façon de s’unir comme on en a envie, avec qui on a envie, sans pour autant répondre aux éternelles et traditionnelles « bonnes façons » de s’unir pour le meilleur et pour le pire.

Personnellement, inviter toute une smala (la somme de deux familles réunies), sans oublier de faire plaisir à papa en invitant tous ses collègues de travail (dont vous ne connaissez que la moitié) et payer un buffet (ou à bouffer, d’ailleurs je trouve que ces deux mots ne se différencient que d’une plume) à 300 invités dont la plupart diront sans doute :

- « sympa le dîner, mais ça manquait quand même de foie gras »

- « sympa sa robe, mais c’est vrai que le blanc ça grossit vachement »

- « sympa la déco, mais y’a rien de très original là dedans. Et puis les serviettes en papier, c’est moyen ».

Alors certaines d’entre vous me direz : « oh ben moi je l’ai choisi mon mariage, et j’ai fait exactement ce que j’ai voulu faire » ce à quoi je répondrai « t’as trop de la chance, mais je crois qu’on n’a pas le même père ». Point final. On n’a pas toutes les mêmes chances dans la vie, CQFD.

Donc, où sont partis nos moutons ? Direction cérémonie laïque. Voilà. Sympa. Quelque chose de purement symbolique en plus, sans pour autant devoir changer de nom - et puis merde, j’adore mon nom de famille ! D’ailleurs, ce « petit changement symbolique de pure appartenance à l’autre du sexe masculin » ça signifie aussi qu’il va falloir faire des modifications administratives et faire la queue à la mairie, à la poste, PARTOUT. J’ai envie de dire MERDE. Et puis il a qu’à prendre le mien après tout (de nom).

Ca y’est, j’ai touretté et je me sens beaucoup mieux.

Bref, qui dit cérémonie laïque, dit :

- union symbolique (si vous souhaitez uniquement vous unir symboliquement, comme moi)
- le petit plus après l’union à la mairie (parce que signer un papier en un quart d’heure, c’est quand même pas très excitant)
- l’occasion de s’échanger les alliances, parce qu’on ne le fait pas forcément à la mairie !
- pas d’église, parce que vous n’êtes pas croyants, ou parce que vous avez divorcés (bande de pêcheurs) ou que vous n’avez pas mes mêmes convictions religieuses (c’est vos parents qui doivent être contents)
- une jolie façon de renouveler ses vœux

Si maintenant, ça vous parle, vous pouvez continuer la lecture de cet article. Sinon, allez nous commander quelques mojitos et vous serez pardonnés.

Qui peut officier une cérémonie laïque ?

J’ai eu la chance d’assister de nombreuses fois à des cérémonies laïques (après le passage à la mairie pour la plupart). A chaque fois, l’émotion était au rendez-vous : ces instants permettaient une véritable communion et un réel partage de l’amour des deux tourtereaux avec le reste des invités, dans un cadre beaucoup plus intime.

La plupart du temps, les maîtres de cérémonie étaient des proches de la famille : la fille aînée ou le petit frère. La personne qui, finalement, marque la différence avec tous les autres. N’empêche que, lorsque ces personnes-là ne se sentent pas capables de gérer une telle cérémonie (car il ne s’agit pas seulement de lire un discours et de leur relancer des fleurs sur le visage), c’est là que l’on peut faire appel à un officiant, et même, une officiante de cérémonie laïque : weeeeeelcome Erika !

 

des fleurs sur le visage), c’est là que l’on peut faire appel à un officiant, et même, une officiante de cérémonie laïque : weeeeeelcome Erika !

 

 

Voici Erika !
©Crédit Photo : Marion Schultz

 

Erika Bataille Nguyen

 

Cela fait aujourd’hui deux ans qu’Erika est officiante de cérémonie. Formée et diplômée en Métropole, elle m’explique que pour elle, exercer ce métier, c’est « être le metteur en scène d’une pièce de théâtre au sujet d’une histoire d’amour véritable ». Pendant 45 minutes voire une heure, elle nous fait oublier les étapes très protocolaires officielles de la mairie (où l’on ne parle d’ailleurs presque jamais du comment du pourquoi de l’amour de l’union d’aujourd’hui), en remaniant l’union et en laissant place aux témoins ou à toutes personnes souhaitant participer.

 

Comment s’est passée votre rencontre, quels sont vos traits de caractère, quels sont les sujets qui fâchent et ceux qui font rire : une réelle étude « au cas par cas » qui lui permettra d’interpréter en une belle cérémonie plus personnelle l’amour et l’histoire de votre couple.

 

 

C’est beau une cérémonie laïque…
©Crédit Photo : ArtFocus NC

 

Pendant la cérémonie, Erika alterne également les rituels participatifs ou d’union (comme le mélange des sables, mais il y’en a d’autres aussi !) avec les interventions des proches et des amis, sans oublier le timing des surprises s’il y en a. Bref, il s’agit d’un réel accompagnement qui ne se fait pas en une seule fois, et qui peut se justifier pour une union, mais aussi pour un baptême et même pour un divorce (et bien oui, tout se fête non ?!)

 

Article paru de la magazine Femmes des Nouvelles Calédoniennes - Juillet 2018